ombre
 
ombre

logo APM
ombre
Surveillance des femmes à risque génétique de cancer du sein: la programmation des IRM en fonction du cycle menstruel pourrait être simplifiée

(Par Sylvie LAPOSTOLLE, aux journées de la SFSPM)
LILLE, 14 novembre 2017 (APMnews) - Le cycle menstruel ne semble pas avoir d'impact sur la réalisation des IRM de surveillance des femmes à risque génétique de cancer du sein, ce qui pourrait simplifier la programmation des examens, a rapporté une équipe de l'hôpital Tenon à Paris (AP-HP) lors des journées de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM) à Lille.
Il est recommandé pour les femmes à haut risque génétique de cancer du sein de réaliser une surveillance par IRM mammaire afin de dépister le cancer du sein à partir de 30 ans chez les femmes qui n'optent pas pour une chirurgie prophylactique. Sa sensibilité et sa spécificité pouvant être limitées par le rehaussement physiologique glandulaire, il est actuellement recommandé d’effectuer l’IRM de dépistage dans la deuxième semaine du cycle menstruel, ce qui alourdit la programmation, a indiqué le Dr Elisabeth Etaix de l'hôpital Tenon.
Il n'existe pas de contre-indication à la contraception, mais la contraception hormonale, en fonction de sa nature, peut annuler le caractère cyclique de l'imprégnation hormonale. Son impact sur l'IRM est discuté et les données sont très limitées.
Les travaux présentés ont cherché à évaluer l’impact sur les performances de l'IRM de la réalisation de l'examen hors de la période recommandée (de J7 à J14 du cycle sans contraception), ainsi que l'impact de la contraception hormonale. Trois groupes d'IRM ont été étudiés: quand la programmation était adéquate (J7-J14), quand elle était inadéquate et sous contraception hormonale. L'étude a porté sur les examens réalisés à l'hôpital Tenon chez les patientes porteuses de mutation constitutive délétère de gènes de prédisposition au cancer du sein, indemnes (de cancer du sein), entre 2006 et 2016.
Sur 196 examens réalisés chez 93 patientes porteuses d'une mutation (BRCA1/2 pour 91% et 9% autre) et d'âge moyen 34,6 ans. 84 étaient en programmation adéquate, 42 inadéquate et 70 sous contraception (23% d'estroprogestatifs, 9% de microprogestatifs et 19% avec un système intra-utérin -SIU- au lévonorgestrel).
Le taux de rehaussements gênants pour l'interprétation était comparable entre les 3 groupes (respectivement 31%, 35,7% et 37%), ainsi que le taux de réalisation d'explorations complémentaires (31%, 50% et 35,7%).
Lorsqu’un contrôle était demandé après une IRM initiale réalisée en programmation inadéquate, le rehaussement persistait, alors que l'IRM de contrôle était réalisée en programmation adéquate, dans 75% des cas.
Au total, 41 biopsies ont été réalisées, le taux de faux positifs (tissu mammaire normal à la biopsie) était comparable entre les 3 groupes (respectivement 29,4%, 28,6% et 30%). Pendant cette période, 12 cancers ont été décelés dont 5 de l'intervalle.
Les examens d'IRM réalisés sous estroprogestatifs avaient des résultats comparables à ceux réalisés en programmation adéquate, indiquant que la contraception hormonale n’interfère pas avec la surveillance par IRM. Seul le SIU semblait avoir un impact (réhaussement gênant pour 61,5% vs 31% en programmation adéquate).
En l'absence d'impact de la programmation des examens lors de la période recommandée, cela soulève "l'opportunité de considérer une simplification de la programmation de l'IRM en absence de contraception", a indiqué le Dr Etaix, soulignant l'intérêt d'une programmation simplifiée car le circuit est actuellement compliqué.
"Compte tenu de la balance bénéfices/risques en faveur de la contraception estroprogestative dans cette population, nos données sur l'absence d'impact sur la qualité de la surveillance par IRM viennent conforter cette prescription", a-t-elle ajouté.
sl/ab/APMnews

 
Retour en haut de page
ombre