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La baisse de mortalité associée au dépistage du cancer du sein estimée à 0%-5% et le surdiagnostic à 59% aux Pays-Bas

LONDRES, 6 décembre 2017 (APMnews) - Aux Pays-Bas, le dépistage du cancer du sein par mammographie serait associé à une baisse de la mortalité comprise entre 0% et 5% et le surdiagnostic concernerait 59% des cancers dépistés, selon une étude rétrospective publiée mercredi dans The British Medical Journal (BMJ).
Le Pr Philippe Autier de l'Institut international de recherche sur la prévention à Lyon, premier auteur de cette étude, avait déjà mentionné ces travaux en novembre lors des journées de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM), rappelle-t-on (cf dépêche du 10/11/2017 à 10:49).
Un programme organisé de dépistage du cancer du sein a été lancé aux Pays-Bas en 1988. Entre 1989 et 1996, les femmes de 50-69 ans étaient invitées à faire un dépistage par mammographie une fois tous les 2 ans et, à partir de 1997, les femmes de 70-75 ans ont été incluses dans ce programme.
Environ 80% des Néerlandaises ciblées participent au dépistage organisé.
Afin d'évaluer l'efficacité de cette stratégie de prévention, l'équipe a notamment cherché à déterminer l'évolution de l'incidence des cancers avancés entre 1989 et 2012 et celle de la mortalité par cancer du sein. Elle a également cherché à quantifier le surdiagnostic.
Les chercheurs ont constaté que l'incidence des cancers de stade II-IV était restée pratiquement stable entre 1989 et 2012, passant de 168 cas /100.000 à 166 cas/100.000.
Les auteurs en déduisent que le programme néerlandais de dépistage du cancer du sein a eu peu d'impact sur les cancers avancés, ce qui suggère qu'il a eu un impact marginal sur la mortalité. La réduction de l'incidence des cancers du sein avancés est le premier signe de l'efficacité intrinsèque du dépistage parce qu'elle est indépendante de l'amélioration des traitements, notent les auteurs.
Dans cette étude, les auteurs ont considéré les cancers de stades II à IV comme des cancers "avancés", note-t-on. Ils expliquent qu'une distinction similaire entre cancers de stades précoces et avancés est "commune" et a été utilisée notamment dans les essais d'évaluation des programmes de dépistage.
La mortalité par cancer du sein a quant à elle décliné de 38% entre 1989 et 2013.
Au cours de cette période, le dépistage aurait assuré une baisse de la mortalité par cancer du sein comprise entre 0% et 5%, alors que l'amélioration des traitements aurait permis une réduction de la mortalité de l'ordre de 28%.
En parallèle, le surdiagnostic n'a cessé d'augmenter, avec notamment l'extension du dépistage aux femmes de 70-75 ans et l'introduction de la mammographie digitale. Après déduction des cancers de l'intervalle, 32% des cancers ont été diagnostiqués via le dépistage organisé et le surdiagnostic atteindrait 59%.
Les chercheurs estiment que ce programme de dépistage par mammographie digitale a produit 10.038 surdiagnostics et permis d'éviter 640 décès ce qui correspond à une vie sauvée grâce au dépistage pour "16 femmes surdiagnostiquées" avec un carcinome canalaire in situ ou un cancer du sein de stade I.
Le surdiagnostic est particulièrement important chez les femmes de 70-75 ans.
Pour les auteurs, ces résultats confirment que les essais randomisés ont surestimé la capacité du dépistage par mammographie à réduire le risque de mortalité par cancer du sein.
Ils considèrent que l'étendue du surdiagnostic continue de progresser avec l'invitation de femmes plus âgées et le développement de technologies d'imagerie capables de détecter des tumeurs de plus en plus petites, "la plupart sans importance clinique connue".
(BMJ, publication en ligne du 6 décembre)
vib/ab/APMnews

 
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