ombre
 
ombre

logo APM
ombre
Données préliminaires sur l'intérêt de la biopsie liquide pour prévoir le risque de récidive tardive de cancer du sein

SAN ANTONIO (Texas), 8 décembre 2017 (APMnews) - Des données préliminaires montrent que le dosage des cellules tumorales circulantes (CTC) pourrait permettre de prévoir le risque de récidive tardive de cancer du sein avec récepteurs hormonaux exprimés (HR+), selon des résultats présentés vendredi lors du San Antonio Breast Cancer Symposium (SABCS).
Malgré l'amélioration des traitements du cancer du sein, beaucoup de femmes subissent encore des récidives tardives, 5 ans ou plus après le diagnostic initial.
Les cancers HR+, qui représentent plus de la moitié des cas de cancers du sein, présentent un sur-risque de récidive tardive. Des biomarqueurs de récidives tardives pourraient aider à la décision thérapeutique, souligne le Dr Joseph Sparano directeur associé de l'Albert Einstein Cancer Center à New York, dans un communiqué diffusé par les organisateurs du congrès.
Il a présenté une analyse rétrospective d'un essai évaluant l'efficacité de l'ajout du bévacizumab (Avastin*, Roche) à une chimiothérapie adjuvante après chirurgie chez des patientes atteintes de cancer du sein de stade II-III HER2-.
Le dosage des CTC par Cellsearch* CTC (Menarini), a été conduit entre 4,5 ans et 7,5 ans après le diagnostic initial chez 546 participantes ne présentant pas signes cliniques de récidive.
Une récidive est survenue chez 4,5% des femmes HR+ et 0,5% de celles HR-.
Parmi les participantes, 4,8% avaient un test CTC positif : 5,1% parmi les HR+ et 4,3% parmi les HR-.
Après un suivi médian de 1,6 an, un résultat CTC positif était associé à un risque de récidive multiplié par 20 chez les patientes HR+. La valeur prédictive positive du test à 2 ans était de 30%, la valeur prédictive négative de 98% chez les femmes HR+.
"Nous ne nous attendions pas à ce que les patientes avec un CTC positif présentent un risque de récidive aussi important avec un recul aussi court", commente le Dr Sparano.
Selon lui, ces tests pourraient permettre d'identifier plus précisément les patientes qui pourraient tirer le plus de bénéfices d'une thérapie hormonale adjuvante prolongée ou d'autres options thérapeutiques. Toutefois, un suivi à plus long terme est nécessaire, a-t-il reconnu.
Chez les femmes HR-, un test positif n'était pas associé à un risque de récidive.
vib/ab/APMnews

 
La baisse de mortalité associée au dépistage du cancer du sein estimée à 0%-5% et le surdiagnostic à 52% aux Pays-Bas (correction)

(Revoici: bien lire dans le titre, dans le lead et au 11e paragraphe que le taux de surdiagnostic est de 52% et non de 59% comme indiqué dans l'article envoyé sous embargo à la presse)
LONDRES, 8 décembre 2017 (APMnews) - Aux Pays-Bas, le dépistage du cancer du sein par mammographie serait associé à une baisse de la mortalité comprise entre 0% et 5% et le surdiagnostic concernerait 52% des cancers dépistés, selon une étude rétrospective publiée mercredi dans The British Medical Journal (BMJ).
Le Pr Philippe Autier de l'Institut international de recherche sur la prévention à Lyon, premier auteur de cette étude, avait déjà mentionné ces travaux en novembre lors des journées de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire (SFSPM), rappelle-t-on (cf dépêche dépêche du 10/11/2017 à 10:49).
Un programme organisé de dépistage du cancer du sein a été lancé aux Pays-Bas en 1988. Entre 1989 et 1996, les femmes de 50-69 ans étaient invitées à faire un dépistage par mammographie une fois tous les 2 ans et, à partir de 1997, les femmes de 70-75 ans ont été incluses dans ce programme.
Environ 80% des Néerlandaises ciblées participent au dépistage organisé.
Afin d'évaluer l'efficacité de cette stratégie de prévention, l'équipe a notamment cherché à déterminer l'évolution de l'incidence des cancers avancés entre 1989 et 2012 et celle de la mortalité par cancer du sein. Elle a également cherché à quantifier le surdiagnostic.
Les chercheurs ont constaté que l'incidence des cancers de stade II-IV était restée pratiquement stable entre 1989 et 2012, passant de 168 cas /100.000 à 166 cas/100.000.
Les auteurs en déduisent que le programme néerlandais de dépistage du cancer du sein a eu peu d'impact sur les cancers avancés, ce qui suggère qu'il a eu un impact marginal sur la mortalité. La réduction de l'incidence des cancers du sein avancés est le premier signe de l'efficacité intrinsèque du dépistage parce qu'elle est indépendante de l'amélioration des traitements, notent les auteurs.
Dans cette étude, les auteurs ont considéré les cancers de stades II à IV comme des cancers "avancés", note-t-on. Ils expliquent qu'une distinction similaire entre cancers de stades précoces et avancés est "commune" et a été utilisée notamment dans les essais d'évaluation des programmes de dépistage.
La mortalité par cancer du sein a quant à elle décliné de 38% entre 1989 et 2013.
Au cours de cette période, le dépistage aurait assuré une baisse de la mortalité par cancer du sein comprise entre 0% et 5%, alors que l'amélioration des traitements aurait permis une réduction de la mortalité de l'ordre de 28%.
En parallèle, le surdiagnostic n'a cessé d'augmenter, avec notamment l'extension du dépistage aux femmes de 70-75 ans et l'introduction de la mammographie digitale. Après déduction des cancers de l'intervalle, 32% des cancers ont été diagnostiqués via le dépistage organisé et le surdiagnostic atteindrait 52%.
Les chercheurs estiment que ce programme de dépistage par mammographie digitale a produit 10.038 surdiagnostics et permis d'éviter 640 décès ce qui correspond à une vie sauvée grâce au dépistage pour "16 femmes surdiagnostiquées" avec un carcinome canalaire in situ ou un cancer du sein de stade I.
Le surdiagnostic est particulièrement important chez les femmes de 70-75 ans.
Pour les auteurs, ces résultats confirment que les essais randomisés ont surestimé la capacité du dépistage par mammographie à réduire le risque de mortalité par cancer du sein.
Ils considèrent que l'étendue du surdiagnostic continue de progresser avec l'invitation de femmes plus âgées et le développement de technologies d'imagerie capables de détecter des tumeurs de plus en plus petites, "la plupart sans importance clinique connue".
(BMJ, publication en ligne du 6 décembre)
vib/ld/eh/APMnews

 
Haute-Garonne: six nouveaux échographes installés dans cinq sites de radiologie du groupe Occitanie-Garonne

SuperSonic Imagine, société spécialisée dans l’échographie, va installer six nouveaux échographes sur les cinq sites de radiologie du groupe Occitanie-Garonne, en Haute-Garonne. Il s’agit des services de la clinique Médipôle Garonne à Toulouse, de la clinique d’Occitanie à Muret, des centres de Radiologie de Rieux-Volvestre et de Muret, et du CH Comminges Pyrénées de Saint-Gaudens. Ils sont, entre autres, spécialisés dans la détection, la caractérisation de lésions musculo-tendineuses et mammaires ou encore dans le diagnostic des maladies abdominales. Ces échographes "Aixplorer Ultimate" leur apportent une aide au dépistage, une meilleure caractérisation des lésions, une aide à la biopsie, un suivi thérapeutique, et une évaluation des maladies chroniques du foie.
Communiqué de presse de SuperSonic Imagine, 07.12.2017

 
Un surrisque de cancer du sein associé aux contraceptifs hormonaux modernes

WASHINGTON, 8 décembre 2017 (APMnews) - Le risque de cancer du sein est augmenté de 20% chez les utilisatrices d'une contraception hormonale "moderne", selon une large étude danoise publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM) jeudi.
Cette étude ravive la controverse sur pilule et cancer du sein. Récemment, en réaction à la publication, en septembre, du livre "J'arrête la pilule" de Sabrina Debusquat, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a fait une analyse d'experts concernant les risques associés à la pilule contraceptive (cf dépêche du 21/09/2017 à 18:23).
Il y indiquait qu'une minorité d'études mettaient en évidence un "léger surrisque" de cancer du sein, "situé entre 1,2 et 1,6" (entre +20% et +60%), mais qui diminue après l'arrêt pour rejoindre le risque des non-utilisatrices.
L'association entre contraception hormonale et cancer du sein reste incertaine, et les précédentes études qui ont suggéré un surrisque de cancer du sein ont porté essentiellement sur les contraceptifs hormonaux de précédente génération, contenant des doses élevées d'estrogènes. En outre les études ont surtout porté sur des femmes un peu plus âgées.
Il existe peu de données avec les contraceptifs hormonaux "modernes", moins dosés en estrogènes et incluant, outre les pilules, le système intra-utérin libérant du lévonorgestrel, les implants, les patches et les anneaux contraceptifs, soulignent Lina Morch de l'université de Copenhague et ses collègues.
Ils ont réalisé une étude prospective de cohorte sur 1,8 million de femmes danoises de 15 à 49 ans entre 1995 et 2012, sans cancer ni thrombo-embolie veineuse à l'inclusion, suivies pendant 11 ans en moyenne, soit 19,6 millions de personnes-années. Au total, 11.517 cas de cancer sont survenus au sein de cette cohorte.
Par rapport aux femmes n'ayant jamais utilisé de contraception hormonale, le risque de cancer du sein était significativement augmenté de 20% chez les utilisatrices actuelles ou récentes.
Le surrisque augmentait avec la durée d'utilisation: de 9% pour 1 an de contraception hormonale il était à 38% pour plus de 10 ans d'utilisation.
Le surrisque persistait après l'arrêt de la contraception lorsque celle-ci avait été utilisée pendant au moins 5 ans. La persistance du risque pourrait être d'au moins 5 ans, suggèrent les résultats.
Les analyses de sous-groupes en fonction du type de molécule présente dans le contraceptif ont montré des résultats similaires quelle que soit la formulation, sans différence significative entre les préparations après ajustement. Le SIU au lévonorgestrel était associé à un risque augmenté de 21%, non significativement différent du risque associé aux contraceptifs oraux contenant uniquement du lévonorgestrel.
L'augmentation absolue du risque de cancer du sein reste toutefois faible, avec un risque de 13 pour 100.000 personnes-années, soit environ 1 cancer du sein supplémentaire pour 7.690 femmes utilisant une contraception hormonale pendant 1 an, indiquent les auteurs.
Dans un éditorial accompagnant l'article, David Hunter de l'université d'Oxford (Royaume-Uni) souligne que ces résultats confirment, avec les contraceptifs hormonaux modernes, ce qui avait été rapporté avec les contraceptifs hormonaux plus anciens.
Ces résultats contrastent avec ceux d'une étude des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) publiés en 2002 dans le NEJM, qui ne montraient pas d'augmentation significative du risque de cancer souligne-t-il.
Mais les participantes incluses dans cette précédente étude avaient entre 35 et 64 ans et étaient donc davantage des anciennes utilisatrices de contraception hormonale. En examinant l'intervalle de confiance du risque de cancer du sein associé à l'utilisation de ces contraceptifs, la limite supérieure était à 1,3, "ce qui inclut largement le risque relatif de 1,20 dans l'étude présente", note-t-il.
Ainsi, selon lui, "le principal résultat de cette étude était attendu". Il souligne néanmoins que l'incidence du cancer du sein, et l'augmentation de ce risque associée aux contraceptifs, est plus faible chez les jeunes et augmente avec l'âge. Ainsi le risque absolu n'est que de 2 pour 100.000 chez les femmes de moins de 35 ans utilisatrices d'une contraception hormonale. "La plupart des cas survenus dans cette analyse concernent des femmes utilisant une contraception orale à la quarantaine", note-t-il.
Il rappelle en outre que le risque de cancer du sein doit être pesé au regard des bénéfices associés aux contraceptifs oraux: outre la contraception et les effets sur la dysménorrhée et les ménorragies, ils réduisent les risques ultérieurs de cancer de l'ovaire, de l'endomètre et colorectal. Des calculs ont suggéré que l'effet net d'une utilisation sur 5 ans de ces contraceptifs était une légère diminution du risque global de cancer, souligne-t-il.
L'excès de risque étant concentré chez les femmes de 40 ans et plus, il suggère d'envisager des méthodes de contraception alternatives pour ce groupe de femmes, comme les dispositifs intra-utérins non hormonaux.
Ces résultats montrent qu'il est nécessaire de poursuivre les recherches pour une contraception hormonale dénuée de risque de cancer du sein, conclut-il.
(NEJM, vol 377 n°23, p2228-2239 et 2276-2277)
cd/eh/APMnews

 
La clinique de l'Alma (Paris) procède à la première reconstruction du sein en Europe avec un lambeau DIEP prélevé par robot chirurgical

Une équipe de la clinique de l'Alma, à Paris, a réalisé le 27 novembre la première reconstruction du sein sans implant en Europe avec un lambeau DIEP prélevé par robot chirurgical. L'opération, qui a duré sept heures, a été possible grâce à un lambeau abdominal (technique dite du Deep Inferior Epigastric Perforator, pour lambeau des perforantes épigastriques inférieures) prélevé à l'aide d'un robot chirurgical. Les douleurs post-opératoires ont ainsi été minimes et la patiente, âgée de 45 ans, a pu sortir cinq jours après son intervention. La technique classique nécessite quant à elle une ouverture de 20 cm de la paroi abdominale.
Communiqué de presse de la clinique de l'Alma, 07.12.2017

 
Pyrénées-Atlantiques: une nouvelle équipe de prévention des fragilités pour prévenir la perte d?autonomie des seniors

L'agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine va présenter mardi son équipe de prévention des fragilités (EPPF) à destination des personnes âgées du territoire Est-Béarn (Pyrénées-Atlantiques). Elle a pour objectif de prévenir la perte d’autonomie liée au vieillissement et prendre en charge toute personne âgée de 60 ans et plus qui montre un ou plusieurs critères de fragilité. L’équipe, composée d’une diététicienne, d’une infirmière, d’une psychologue et d’une psychomotricienne, réalise une évaluation de ces fragilités et élabore, avec le patient, un plan de prévention personnalisé. L'EPPF assure ensuite un suivi personnalisé à domicile en lien avec le médecin traitant. Elle est portée par le service de soins infirmiers à domicile (Ssiad) associatif Piémont Coarraze.
Communiqué de presse de l'ARS Nouvelle-Aquitaine, 07.12.2017

 
Cancer du sein: impact significatif de l'acupuncture sur les douleurs articulaires associées aux anti-aromatases

SAN ANTONIO (Texas), 7 décembre 2017 (APMnews) - L'acupuncture a significativement réduit les douleurs articulaires associées au traitement par anti-aromatase de femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein de stade précoce avec récepteurs hormonaux exprimés (HR+), dans un essai randomisé dont les résultats ont été présentés jeudi lors du San Antonio Breast Cancer Symposium (SABCS).
Les inhibiteurs d'aromatase sont les traitements les plus courants et les plus efficaces prescrits aux femmes ménopausées atteintes d'un cancer du sein HR+, toutefois de nombreuses patientes souffrent des effets secondaires qu'ils induisent, ce qui peut les conduire à une moindre observance voire un arrêt du traitement, souligne Dawn Hershman, de la faculté de Columbia à New-York, dans un communiqué diffusé par le congrès. Il estime nécessaire de trouver des stratégies de contrôle de ces effets secondaires, en particulier les plus courants: les douleurs articulaires.
A ce titre, avec ses collègues, il a conduit l'essai randomisé de phase III SWOG évaluant l'efficacité de l'acupuncture.
L'essai contrôlé multicentrique a été conduit auprès de 110 patientes ménopausées atteintes d'un cancer du sein de stade précoce HR+ sous anti-aromatase depuis au moins 30 jours, avec un score de douleurs articulaires BPI-WP d'au moins 3 sur une échelle de 10.
Elles étaient randomisées pendant 12 semaines entre:
  • des séances d'acupuncture (12 séances sur 6 semaines puis une hebdomadaire pendant 6 autres semaines)
  • des séances placebo au cours desquelles les aiguilles n'étaient pas appliquées au niveau des points d'acupuncture
  • une mise sur liste d'attente.
Différents outils de mesure de la douleur et de la fonction articulaire à plusieurs localisations étaient utilisés.
Après 6 semaines, le score de douleur BPI-WP moyen des femmes qui avaient bénéficié de vraies séances d'acupuncture était significativement réduit, de 0,92 point par rapport à celles qui avaient eu des séances placebo et de 0,96 point par rapport à celles sur liste d'attente.
De plus, la proportion de femmes dont le score BPI-WP avait chuté d'au moins 2 points était significativement plus importante dans le groupe acupuncture (58%, contre 33% avec les séances placebo et 31% dans le groupe liste d'attente).
Ces différences restaient statistiquement significatives, lorsque l'évaluation était conduite à 24 semaines de l'inclusion, soit 12 semaines après les dernières séances.
Les scores évaluant les affections chroniques rhumatologiques des mains (M-SACRAH) et celui ciblant l'arthrose WOMAC étaient également significativement améliorés chez les femmes qui avaient bénéficié des vraies séances d'acupuncture par rapport aux autres participantes.
Les effets secondaires les plus fréquemment rapportés chez les femmes des groupes acupuncture et placebo étaient des bleus.
Les auteurs rappellent, dans le résumé de leur présentation, que c'est le premier essai randomisé multicentrique de "grande taille" à avoir démontré l'intérêt de l'acupuncture dans cette indication. Ils espèrent que ces résultats encouragent les praticiens à conseiller des séances d'acupuncture aux femmes souffrant des effets secondaires des anti-aromatases et les payeurs à les rembourser.
Des résultats publiés fin novembre dans Journal of Clinical Oncology (JCO) montrent que l'antidépresseur duloxétine réduit les troubles musculosquelettiques associés aux anti-aromatases, rappelle-t-on (cf dépêche du 23/11/2017 à 15:06).
vib/ab/APMnews

 
Cancer du sein avancé: Keytruda* pourrait améliorer la réponse à Herceptin* chez certaines patientes résistantes

SAN ANTONIO (Texas), 7 décembre 2017 (APMnews) - Ajouter l'anti-PD-1 Keytruda* (pembrolizumab, MSD) à Herceptin* (trastuzumab, Roche) pourrait apporter un bénéfice clinique chez certaines patientes atteintes d'un cancer du sein avancé HER2+ résistant au trastuzumab, selon des résultats de phase Ib/II, diffusés mercredi lors du San Antonio Breast Cancer Symposium (SABCS).
Environ 20% des cancers invasifs du sein sont HER2+ et certaines patientes développent des résistances au trastuzumab. Sherene Loi du Peter MacCallum Cancer Center à Melbourne et ses collègues ont cherché à savoir si une immunothérapie était susceptible de réduire la résistance au trastuzumab chez certaines patientes.
"Nous croyons que l'évasion immunitaire contribue à la résistance biologique au trastuzumab", indique le Pr Loi dans un communiqué diffusé par le congrès. De précédents travaux conduits par son équipe ont montré que les patientes résistantes au trastuzumab présentaient une faible réponse immunitaire. Leurs investigations précliniques indiquent qu'une immunothérapie anti-PD1 améliorait l'activité du trastuzumab.
Dans la phase Ib/II présenté à San Antonio, les chercheurs ont inclus 58 femmes atteintes d'un cancer du sein avancé qui avait progressé malgré une thérapie à base de trastuzumab. Une évaluation centralisée des statuts HER2 et PD-L1 et de la quantité de lymphocytes infiltrant la tumeur (TIL) avait été mise en place.
La phase Ib consistait en une escalade de dose de l'anti-PD-1 pembrolizumab ajouté à une dose standard de trastuzumab. Aucune toxicité n'a été observée.
Dans la phase II, les investigateurs ont inclus 40 patientes dans la cohorte PD-L1+ et 12 dans la cohorte PD-L1-. Les participantes recevaient 200 mg de pembrolizumab toutes les 3 semaines en combinaison avec une dose standard de trastuzumab pendant 24 mois ou jusqu'à ce que la maladie progresse.
Dans l'analyse en intention de traiter, l'objectif principal de l'étude a été atteint (taux de réponse objective de 15% et taux de contrôle de la maladie de 25%).
Une analyse en sous-groupe chez les patientes PD-L1+ avec au moins 5% de TIL dans la lésion métastatique, le taux de réponse objective était de 39% et le taux de contrôle de la maladie de 47%. Cela suggère que la quantification des TIL pourrait tirer bénéfice de cette immunothérapie.
Les patientes PD-L1- ne répondaient pas à ce traitement.
La combinaison pembrolizumab + trastuzumab a été bien tolérée: l'effet secondaire le plus fréquent recensé chez 21% des patientes était la fatigue de grade 1-2. De plus, 4 effets secondaires immunologiques ont été répertoriés chez 3 patients.
Cette étude de preuve du concept suggère que l'évasion immunitaire est un mécanisme de la résistance au trastuzumab et contribue à la progression de la maladie dans les cancers du sein avancés HER2+ et que l'inhibition anti-PD-1 pourrait intégrer l'arsenal thérapeutique des cancers HER2+ dans le futur.
vib/vl/APMnews

 
«DébutPrécédent12SuivantFin»

Page 1 sur 2
Retour en haut de page
ombre