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Étape 2 · Traitements

Effets secondaires de la chimiothérapie : lesquels et comment les atténuer

25 octobre 20267 min de lecturePar la rédaction

Tasse de tisane, plaid plié et carnet fermé sur une table près d’une fenêtre

Une chimiothérapie ne touche pas que la tumeur. Les effets secondaires de la chimiothérapie sont bien réels, ils varient beaucoup d’une personne à l’autre, et beaucoup peuvent être prévenus ou soulagés par l’équipe soignante. Entre ce que l’on redoute et ce qui survient vraiment, l’écart est parfois important. Savoir distinguer ce qui relève du désagrément de ce qui demande un appel rapide change la façon de traverser les cures et de les préparer.

En bref.

  • Les effets indésirables d’une chimiothérapie viennent de l’action des médicaments sur des cellules saines qui se multiplient vite (peau, cheveux, bouche, moelle osseuse) ; ils ne sont pas systématiques et diffèrent selon les patients.
  • Les plus fréquents sont la fatigue, les nausées et vomissements, la chute des cheveux, la baisse des globules du sang, l’inflammation des muqueuses et les troubles digestifs.
  • Plusieurs effets se préviennent : médicaments contre les nausées pris avant la perfusion, prise de sang avant chaque cure, casque réfrigérant contre la chute des cheveux.
  • Fièvre, frissons, saignements, vomissements ou diarrhées importants : il faut contacter immédiatement le médecin.
  • Ne ressentir aucun effet ne veut pas dire que le traitement est sans effet sur la maladie, et en ressentir beaucoup ne veut pas dire l’inverse.

Pourquoi la chimiothérapie provoque-t-elle des effets secondaires ?

Les effets secondaires de la chimiothérapie, c’est l’atteinte de cellules saines par des médicaments qui visent les cellules à multiplication rapide. Les cellules cancéreuses en font partie, mais aussi celles de la peau, des cheveux, de la muqueuse de la bouche et de la moelle osseuse, qui fabrique les globules du sang. Tous les agents de chimiothérapie affectent ainsi des cellules saines, d’où des conséquences sur ces organes précis.

Les traitements sont donnés par cures, séparées par des périodes de repos pensées pour permettre au corps de se rétablir.

Quels sont les effets secondaires de la chimiothérapie les plus fréquents ?

Les effets les plus souvent cités sont la fatigue, les troubles digestifs, les baisses de globules (anémie, baisse des plaquettes), la perte des cheveux, des cils et des poils, et l’inflammation des muqueuses. Le tableau ci-dessous reprend quatre d’entre eux avec le moment où ils surviennent et ce qui les soulage.

EffetQuand il survientCe qui le soulage
Nausées et vomissementsSouvent le soir ou le lendemain de la perfusion ; les nausées durent rarement plus de 72 heures, les vomissements en général pas plus de 48 heuresTraitement préventif avant, pendant et après la chimiothérapie, petits repas, aliments froids ou tièdes
Baisse des globules blancsDébute habituellement une à deux semaines après la chimiothérapiePrise de sang avant chaque cure, report possible de la cure, facteurs de croissance prescrits parfois
Chute des cheveuxCommence habituellement 2 à 3 semaines après la première perfusion ; repousse environ 6 à 8 semaines après la fin du traitementCasque réfrigérant, seule méthode préventive ; perruque en partie prise en charge par la Sécurité sociale
FatiguePratiquement constante pendant la chimiothérapie et dans les jours qui suiventActivité physique adaptée, régulière et modérée

Les globules du sang

Toutes les molécules anti-tumorales peuvent faire baisser transitoirement le nombre de cellules sanguines. Les globules blancs les plus sensibles sont les neutrophiles, et leur diminution s’appelle une neutropénie. Elle augmente le risque d’infection, puisque les défenses du corps sont réduites. La baisse des plaquettes, ou thrombopénie, accroît le risque d’hématomes et de saignements ; elle entraîne rarement des saignements des gencives, du nez ou de petites marques rouges sur la peau. La baisse des globules rouges et de l’hémoglobine, l’anémie, est plus rare.

Pourquoi tous les patients n’ont-ils pas les mêmes effets ?

La nature, l’intensité et la fréquence des effets indésirables varient selon la substance utilisée, la dose prescrite et la sensibilité de chaque personne. Les effets ne sont pas systématiques.

Ce constat évite deux erreurs de lecture. D’après l’Institut national du cancer, la présence ou l’absence d’effets indésirables n’est pas liée à l’efficacité du traitement : ne rien ressentir ne signifie pas que le traitement est inefficace, et ressentir de nombreux effets ne signifie pas qu’il est particulièrement actif.

Un principe énoncé par la Ligue contre le cancer résume l’enjeu : la chimiothérapie doit être raisonnablement supportable, et il n’y a pas de « prix à payer » pour le traitement. À chaque nouveau cycle, le médecin doit faire le point sur les difficultés rencontrées.

Que met en place l’équipe pour limiter les effets, et que faire au quotidien ?

Certains effets indésirables peuvent être limités ou évités grâce à des traitements préventifs ou à des conseils pratiques. L’équipe agit sur plusieurs plans, et le patient peut compléter par quelques gestes simples. Ces gestes ne remplacent jamais l’avis de l’oncologue, du médecin traitant ou de l’infirmière de coordination, qui adaptent la prise en charge à chaque situation.

Ce que fait l’équipe

  • Contre les nausées et les vomissements : un traitement est le plus souvent prescrit avant, pendant et après la chimiothérapie, y compris pour les nausées dites anticipatoires, liées à l’anxiété provoquée par le traitement. Celles-ci peuvent aussi être réduites par des techniques de relaxation. Si les nausées apparaissent malgré le traitement préventif, il faut le signaler au médecin.
  • Pour le sang : avant chaque cure, des prises de sang vérifient les taux de globules blancs, de globules rouges et de plaquettes. En dessous d’un certain seuil, la cure peut être reportée. Des facteurs de croissance sont parfois prescrits en raison de la baisse des globules.
  • Pour les cheveux : le casque réfrigérant peut être difficile, voire douloureux à supporter, surtout en début de pose. La chute des cheveux n’est pas un effet grave et elle est provisoire.
  • Pour l’alimentation : un diététicien ou un nutritionniste peut conseiller sur la façon de mieux s’alimenter pendant le traitement.

Ce que le patient peut faire

Pour les nausées, il est conseillé de privilégier les aliments froids ou tièdes, moins odorants que les aliments chauds, et de répartir l’alimentation en plusieurs petits repas plutôt que deux repas plus longs à digérer. En cas de vomissements, la source recommande de se rincer la bouche à l’eau froide et d’attendre une à deux heures avant de manger. Après des vomissements répétés, il faut veiller à un apport suffisant de liquide et de sels minéraux, car ils provoquent des pertes de liquide et parfois une déshydratation.

En cas de diarrhée, il vaut mieux éviter les aliments frits, gras ou épicés. Une diarrhée qui se prolonge peut entraîner un amaigrissement et, à terme, une dénutrition. Pour la peau, on peut appliquer régulièrement et généreusement un agent hydratant après la toilette avec un pain surgras, et porter des vêtements amples et des chaussures souples.

Contre la fatigue, une activité physique adaptée, régulière et modérée est prouvée comme utile après les traitements. La fatigue ne doit pas être banalisée : elle se signale à l’équipe soignante pour être prise en charge au mieux, d’autant qu’elle est trop souvent minimisée, y compris par l’entourage.

Pour un autre parcours de soin, celui du dépistage, on peut lire le test à faire chez soi pour le cancer colorectal.

Quels signes imposent d’appeler l’équipe sans attendre ?

En cas de fièvre, de frissons, de diarrhées ou de vomissements importants, ou de saignements, il faut contacter immédiatement son médecin. La fièvre est le signe à ne jamais attendre de voir passer : quand les globules blancs sont bas, elle doit être signalée, et c’est le médecin qui juge si un traitement antibiotique est nécessaire. Si elle s’accompagne de frissons, le médecin ou le service de soins doit être prévenu dans les meilleurs délais.

Une diarrhée persistante, ou associée à de la fièvre ou à des vomissements, justifie aussi un contact rapide avec le médecin. Il en va de même quand les nausées ou vomissements sont importants : il n’est pas normal d’en avoir de forts, et la situation doit être signalée. Plus largement, tout symptôme inhabituel au cours d’un traitement doit être signalé, afin que le médecin puisse prendre les mesures adéquates.

Questions fréquentes sur les effets de la chimiothérapie

Une chimiothérapie en comprimés a-t-elle aussi des effets indésirables ?

Oui. Les médicaments pris par voie orale entraînent aussi des effets indésirables, contrairement aux idées reçues. Leur nature et leur intensité varient selon le traitement.

Que penser quand on ne ressent presque rien ?

Ne rien ressentir n’est pas un mauvais signe : l’efficacité du traitement ne se mesure pas aux symptômes éprouvés.

Les cils et les sourcils tombent-ils aussi ?

Les cils, les sourcils et les poils pubiens peuvent tomber provisoirement, comme les cheveux. La chute est en général temporaire, et les cheveux commencent à repousser environ 6 à 8 semaines après la fin du traitement.

Que faire contre la constipation ?

La constipation, si elle est fréquente, doit être prévenue par un traitement quotidien, que le médecin prescrit. Il ne s’agit pas de se soigner seul : le sujet se discute à chaque cycle avec l’équipe.

La chimiothérapie peut-elle modifier les règles ?

Elle peut perturber le cycle menstruel, voire provoquer une aménorrhée, c’est-à-dire une absence de règles. Cet effet se signale au médecin pour en parler en consultation.

Sources

  • Institut national du cancer, « Quels sont les effets indésirables possibles des traitements ? », https://www.cancer.fr/personnes-malades/les-cancers/myelome-multiple/traitements/effets-indesirables, consultée le 24 octobre 2026.
  • Institut national du cancer, « Quels sont les effets indésirables possibles des chimiothérapies et thérapies ciblées ? », https://www.cancer.fr/personnes-malades/les-cancers/rectum/traitements-des-cancers-du-rectum/les-traitements-medicamenteux/les-effets-indesirables, consultée le 24 octobre 2026.
  • Ligue contre le cancer, « Les effets secondaires lors d’une chimiothérapie », https://www.ligue-cancer.net/articles/les-effets-secondaires-lors-dune-chimiotherapie, consultée le 24 octobre 2026.
  • Fondation ARC, « La chimiothérapie dans le traitement du cancer du sein », https://www.fondation-arc.org/sinformer-sur-le-cancer/les-differents-cancers/le-cancer-du-sein/quels-sont-les-traitements-du-cancer-du-sein/la-chimiotherapie-dans-le-traitement-du-cancer-du-sein/, consultée le 24 octobre 2026.
  • Fondation ARC, « Les principaux effets secondaires des traitements d’un cancer de l’estomac », https://www.fondation-arc.org/sinformer-sur-le-cancer/les-differents-cancers/le-cancer-de-lestomac/quels-sont-les-traitements-du-cancer-de-lestomac/les-principaux-effets-secondaires-des-traitements-dun-cancer-de-lestomac/, consultée le 24 octobre 2026.
  • Vidal, « Lutter contre les effets indésirables des chimiothérapies anticancéreuses », https://www.vidal.fr/medicaments/utilisation/prendre-traitement/effets-indesirables-chimiotherapie-cancer.html, consultée le 24 octobre 2026.

Cet article informe et ne remplace pas l’avis de votre équipe soignante : parlez-en à votre oncologue ou à votre médecin traitant. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.