Congé de proche aidant : durée, conditions et indemnisation

Accompagner un proche pendant une maladie grave mobilise du temps, des trajets, des rendez-vous, des démarches, et l’emploi du temps d’un salarié ne suit pas toujours. Le congé de proche aidant a été prévu pour cette situation, mais il se découvre souvent tard, et il ne s’applique pas à n’importe quel proche ni à n’importe quelle situation. Les conditions se lisent des deux côtés, celui du salarié et celui de la personne aidée, et les délais comptent autant que les droits.
En bref.
- Sans disposition conventionnelle, le congé de proche aidant dure 3 mois au maximum par congé, il peut être renouvelé, dans la limite de 1 an cumulé pendant la vie professionnelle du salarié.
- Il faut en principe prévenir l’employeur au moins 1 mois avant le départ, sauf urgence, par un moyen qui permet de prouver la date de la demande.
- L’employeur ne rémunère pas ce congé, mais une allocation journalière, l’AJPA, compense une partie de la perte de salaire : 66,64 € par journée au 1er janvier 2026, dans la limite de 66 jours par personne aidée.
- Le congé de solidarité familiale, réservé à l’accompagnement d’un proche en fin de vie, est un autre dispositif, avec son propre délai de prévenance et sa propre allocation.
De quel dispositif s’agit-il exactement ?
Le congé de proche aidant est un congé qui permet au salarié de s’occuper d’une personne handicapée, âgée ou en perte d’autonomie. Selon Service-public.fr, il remplace depuis 2017 le congé de soutien familial. Il est pris à l’initiative du salarié.
Le salarié ne peut exercer aucune autre activité professionnelle pendant la durée du congé. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 (loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019) a supprimé la condition d’une ancienneté minimale d’un an. Elle a aussi permis de transformer le congé en période d’activité à temps partiel et de le fractionner.
Le texte ne cite aucune maladie en particulier : ce qui compte est la situation de la personne aidée, handicap ou perte d’autonomie. Pour savoir si la situation d’une personne malade entre dans ces critères, le médecin traitant ou l’équipe de soins reste l’interlocuteur. Les droits de la personne malade elle-même auprès de l’Assurance maladie sont traités dans l’article sur l’ALD 30 et le cancer.
Qui peut bénéficier d’un congé de proche aidant ?
Le congé est ouvert à tout salarié. Côté personne aidée, elle doit résider en France de façon stable et régulière.
Pour justifier la situation, le salarié fournit à l’employeur une déclaration sur l’honneur. Elle atteste soit son lien familial avec la personne aidée, soit l’aide apportée à une personne âgée ou handicapée avec laquelle il réside ou entretient des liens étroits et stables. Selon la situation, s’y ajoute une copie de la décision d’attribution de l’allocation personnalisée d’autonomie (Apa).
Les critères sont plus précis pour l’allocation. La personne aidée doit avoir un taux d’incapacité d’au moins 80 % reconnu par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), ou une perte d’autonomie correspondant à un groupe iso-ressources (GIR) de 1 à 4 avec le bénéfice de l’Apa. Le proche aidé peut être un parent ou un membre de la famille jusqu’au 4e degré.
Quelle est la durée du congé de proche aidant, et peut-on le fractionner ?
En l’absence de dispositions conventionnelles, la durée maximale du congé est de 3 mois. Un renouvellement est possible, mais le total ne peut excéder un an cumulé tout au long de la carrière du salarié. Pour le renouveler, le salarié adresse sa demande au moins 15 jours avant la date de fin du congé initialement prévu. Un nouveau congé reste possible s’il aide une autre personne.
Le congé peut aussi être fractionné ou transformé en temps partiel. Dans ce cas, le salarié alterne périodes travaillées et périodes de congé, à condition que l’employeur accepte cette organisation. Le salarié avertit alors son employeur au moins 48 heures avant chaque période de congé, et chaque période dure au minimum une demi-journée.
Pendant le congé, la durée est prise en compte pour le calcul des avantages liés à l’ancienneté. Le salarié a droit à l’assurance vieillesse des aidants. Il n’a plus besoin de demander son affiliation à l’assurance vieillesse des parents au foyer, selon securite-sociale.fr. À la fin du congé, il retrouve son emploi ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente, et il a droit à un entretien professionnel.
Comment demander le congé à son employeur, et dans quels délais ?
La demande est adressée à l’employeur par tout moyen permettant de justifier de sa date, par exemple une lettre ou un courrier électronique recommandé. Elle indique la date de départ en congé et, si le salarié le souhaite, la volonté de fractionner le congé ou de le transformer en temps partiel. Elle est envoyée au moins 1 mois avant la date de départ envisagée.
Le congé débute sans délai dans trois situations :
- une urgence liée à une dégradation soudaine de l’état de santé de la personne aidée, attestée par certificat médical ;
- une situation de crise qui nécessite une action urgente du salarié ;
- la cessation brutale de l’hébergement en établissement dont bénéficiait la personne aidée, attestée par le responsable de l’établissement.
L’employeur ne peut pas refuser le congé. En cas de refus, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes. Seul le fractionnement ou le temps partiel dépend de l’accord de l’employeur.
Quelle indemnisation pendant un congé de proche aidant ?
L’employeur ne rémunère pas le congé, sauf dispositions conventionnelles qui le prévoient. Le salarié peut toutefois percevoir l’AJPA, une allocation versée par la CAF ou la MSA. Elle atténue la perte de salaire liée au congé.
Au 1er janvier 2026, le montant est de 66,64 € par journée et de 33,32 € par demi-journée. À Mayotte, il est de 58,31 € par journée et de 29,20 € par demi-journée. Un bénéficiaire peut percevoir au maximum 22 jours d’AJPA par mois. Les montants sont revalorisés chaque année au 1er janvier, en référence au SMIC net.
Le plafond est fixé à 66 jours pour chaque personne aidée, avec 4 personnes au cours du parcours professionnel, soit 264 jours au total. Si vous vivez en couple, chacun dispose de son propre compteur de 66 allocations journalières. L’AJPA est imposable.
Le salarié ou l’agent de la fonction publique doit d’abord demander un congé de proche aidant à son employeur. Les indemnités de chômage sont suspendues pendant la durée de versement de l’AJPA. Elle est versée mensuellement, et la CAF ou la MSA envoie chaque fin de mois une attestation mensuelle à remplir.
En quoi le congé de proche aidant diffère-t-il du congé de solidarité familiale ?
Le congé de solidarité familiale est prévu pour assister une personne proche arrivée en fin de vie. La personne doit être atteinte d’une maladie mettant en jeu son pronostic vital, ou se trouver en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable. Le délai de prévenance est de 15 jours avant le début du congé, par lettre recommandée, ou sans délai en cas d’urgence absolue constatée par écrit par le médecin. L’employeur ne peut ni le reporter ni le refuser, et il n’est pas rémunéré.
Une allocation distincte existe : l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie. L’aidant doit être un membre de la famille, une personne vivant au même domicile ou la personne de confiance, et fournir un certificat médical établi par le médecin traitant. L’allocation est maintenue si la personne est hospitalisée.
| Dispositif | Pour qui | Durée ou plafond | Montant |
|---|---|---|---|
| Congé de proche aidant | Salarié aidant une personne handicapée, âgée ou en perte d’autonomie | 3 mois par congé sans disposition conventionnelle, renouvelable, 1 an maximum sur la carrière | Non rémunéré par l’employeur |
| AJPA | Aidant qui réduit ou cesse son activité pour un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie | 66 jours par personne aidée, 4 personnes, 264 jours au total | 66,64 € par journée, 33,32 € par demi-journée (au 1er janvier 2026) |
| Allocation d’accompagnement d’une personne en fin de vie | Membre de la famille, personne vivant au même domicile ou personne de confiance | 21 jours au maximum, ou 42 demi-journées | 60,55 € par jour, 30,28 € par demi-journée (au 1er avril 2023) |
Questions fréquentes sur le congé de proche aidant
Faut-il une ancienneté minimale pour demander le congé ?
Non. Aucune ancienneté minimale n’est exigée depuis la réforme de fin 2019. Tout salarié peut le demander.
Comment demander l’AJPA ?
Un allocataire de la CAF fait la demande en ligne dans Mon Compte, rubrique « Demander une prestation ». À la MSA, il faut télécharger le formulaire de demande, le compléter et le renvoyer avec les documents demandés. Le salarié doit avoir demandé auparavant le congé de proche aidant à son employeur.
Peut-on toucher l’AJPA pour plusieurs proches ?
Oui, dans la limite de 4 proches accompagnés au cours du parcours professionnel, soit 264 jours (66 jours multipliés par 4). Chaque proche ouvre un plafond de 66 jours.
L’AJPA peut-elle être versée pour une demi-journée ?
Oui. Elle peut être attribuée pour des demi-journées de réduction d’activité, à 33,32 € la demi-journée. Le maximum de 22 jours par mois s’applique alors.
Le congé compte-t-il pour la retraite ?
Le salarié en congé de proche aidant a droit à l’assurance vieillesse des aidants. Il n’a plus à demander son affiliation à l’assurance vieillesse des parents au foyer.
Un demandeur d’emploi peut-il percevoir l’AJPA ?
Oui, mais il doit communiquer à l’organisme qui verse ses indemnités le nombre de jours pris pour aider son proche. Ses indemnités sont suspendues pendant le versement de l’AJPA.
Sources
- Service-public.fr, « Congé de proche aidant », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16920, consultée le 24 octobre 2026.
- Pour les personnes âgées (gouvernement), « L’allocation journalière du proche aidant : qu’est-ce que c’est », https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/solutions-pour-les-aidants/soutien-financier/l-allocation-journaliere-du-proche-aidant-qu-est-ce-que-c-est, consultée le 24 octobre 2026.
- Mon parcours handicap, « AJPA (Allocation journalière du proche aidant) : définition », https://www.monparcourshandicap.gouv.fr/glossaire/ajpa, consultée le 24 octobre 2026.
- MSA, « L’allocation journalière de proche aidant (AJPA) », https://www.msa.fr/lfp/famille/ajpa, consultée le 24 octobre 2026.
- Parlons fin de vie, « Les congés et allocations pour les aidants », https://www.parlons-fin-de-vie.fr/je-suis-un-proche/les-conges-et-les-aides-financieres/, consultée le 24 octobre 2026.
- DREETS Normandie, « Le congé de proche aidant », https://normandie.dreets.gouv.fr/Le-conge-de-proche-aidant, consultée le 24 octobre 2026.
- Sécurité sociale, « L’allocation journalière du proche aidant », https://www.securite-sociale.fr/home/actualites/list-actualites/lallocation-journaliere-du-proch.html, consultée le 24 octobre 2026.
Cet article informe et ne remplace pas l’avis de votre équipe soignante : parlez-en à votre oncologue ou à votre médecin traitant. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.