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Étape 3 · Soins

Mucite : reconnaître l’inflammation de la bouche pendant un traitement

30 octobre 20267 min de lecturePar la rédaction

Tasse de tisane, plaid et carnet fermé posés près d’une fenêtre lumineuse

Une brûlure au contact d’un aliment, une rougeur sur la langue, quelques aphtes qui rendent chaque repas pénible : ces gênes de la bouche font partie des effets que certains traitements du cancer peuvent entraîner. La mucite, c’est le nom médical de cette inflammation, et sa gravité varie beaucoup d’une personne à l’autre. Elle peut se limiter à une légère gêne ou empêcher de s’alimenter normalement. L’enjeu pour le patient et ses proches est de la reconnaître tôt et de savoir à qui en parler.

En bref.

  • La mucite est une inflammation douloureuse de la bouche, avec rougeurs et aphtes, qui peut survenir pendant une chimiothérapie ou une radiothérapie.
  • Les mucites sont classées en 4 grades, de la légère gêne au moment des repas jusqu’à l’impossibilité d’avaler.
  • Une bonne hygiène de la bouche, une brosse à dents souple, des bains de bouche prescrits de préférence sans alcool et une alimentation adaptée aident à limiter la mucite.
  • Tout symptôme de la bouche doit être signalé à l’équipe soignante dès qu’il apparaît, sans attendre qu’il s’aggrave.

Qu’est-ce que la mucite ?

Selon l’Institut national du cancer, la mucite est une inflammation des muqueuses de la bouche ou du système digestif, qui se manifeste par une rougeur, une douleur et des aphtes plus ou moins nombreux. Lorsqu’elle touche la bouche, on parle de mucite buccale. Elle peut aussi atteindre le pharynx et l’œsophage.

Les médecins emploient un second mot pour désigner l’atteinte de la bouche : la stomatite, qui est l’inflammation de la muqueuse buccale. Les deux termes recouvrent donc la même réalité vue de deux angles, la mucite désignant l’inflammation d’une muqueuse en général et la stomatite celle de la bouche.

Les lésions sont douloureuses. Une fiche de soins de support du CHU de Bordeaux décrit un début habituel par des rougeurs, une douleur lors de la prise alimentaire et des desquamations, qui peuvent se transformer en ulcérations.

Quels traitements provoquent une mucite ?

L’Institut national du cancer range la mucite parmi les effets indésirables possibles d’une chimiothérapie ou d’une radiothérapie. Les muqueuses de la bouche peuvent être fragilisées par la chimiothérapie, et des lésions apparaissent alors : rougeurs, aphtes.

La radiothérapie est concernée quand elle cible la sphère ORL, c’est-à-dire la zone de la bouche et de la gorge. D’autres traitements contre le cancer peuvent aussi en provoquer, comme la thérapie ciblée ou l’immunothérapie. Le risque dépend de la molécule utilisée mais aussi de la dose administrée. Pour un panorama des autres effets de la chimiothérapie, l’article sur les effets secondaires de la chimiothérapie complète celui-ci.

Tout le monde n’est pas exposé de la même façon. Plusieurs facteurs augmentent le risque : l’âge, des problèmes buccaux, des antécédents personnels de mucites, une mauvaise hygiène bucco-dentaire, le tabagisme, l’alcoolisme et le diabète.

Comment reconnaître les grades d’une mucite ?

Les mucites sont classées en 4 grades, selon ce que la personne ressent et ce qu’elle peut encore avaler.

GradeCe qui se constateCe qui peut être mis en place
1Une légère gêne au moment des repasObservation de la bouche et signalement à l’équipe
2Des aphtes douloureux apparaissentAvis médical ; le médecin peut prescrire un bain de bouche, un gel anesthésiant ou un corticoïde local
3La muqueuse est érodée ; on n’ingère plus que des aliments liquidesAvis médical rapide, alimentation liquide
4Les douleurs sont telles qu’on ne peut plus avalerAlimentation par sonde

Ce tableau ne permet pas de se noter soi-même. Le grade est évalué par l’équipe soignante, qui adapte ensuite les soins. Le passage d’un grade à l’autre peut être progressif : une gêne légère au premier repas peut devenir un aphte douloureux quelques jours plus tard, d’où l’intérêt d’en parler tôt.

Quels soins de bouche pour prévenir ou atténuer la mucite ?

Plusieurs gestes d’hygiène sont recommandés dans les fiches de soins de support lues pour cet article.

  • Brossage. Brosser les dents après chaque repas avec une brosse à poils souples ; des bâtonnets sont proposés si le brossage est impossible. La brosse électrique ou à poils durs est déconseillée, car elle risque de provoquer des traumatismes. Un dentifrice peu abrasif est préférable, et les dentifrices mentholés ou abrasifs sont à éviter.
  • Bains de bouche. Le médecin peut prescrire des bains de bouche, à faire après chaque repas, de préférence sans alcool pour ne pas dessécher la muqueuse. Des bains de bouche au bicarbonate de sodium sont aussi cités après chaque repas : une demi-cuillère de bicarbonate dans un verre d’eau, ou une solution de bicarbonate à 1,4 %. En cas de doute sur le produit à utiliser, c’est l’équipe qui tranche.
  • Hydratation. Prévenir la sécheresse de la bouche est essentiel : il est recommandé de boire au moins 2 litres par jour. En cas d’impression de ne pas produire assez de salive, le médecin peut prescrire un substitut salivaire, délivré en pharmacie.
  • Lèvres. Les protéger avec un stick adapté. En cas d’oxygénothérapie, l’application de corps gras est interdite.
  • Glace. Sucer des glaçons, de la glace pilée, des glaces à l’eau ou des sorbets est cité pour prévenir l’apparition des mucites.
  • Tabac et alcool. Éviter le tabac et les boissons alcoolisées, qui augmentent le risque d’une mucite et peuvent aggraver son intensité.

Les soins dentaires méritent un mot à part. Ils peuvent favoriser les infections pendant une chimiothérapie : il est donc conseillé de les faire avant le début du traitement, par exemple lors d’un bilan chez le dentiste. L’objectif est de ne laisser ni carie, ni gingivite, ni autre problème bucco-dentaire que les traitements pourraient aggraver.

Que manger quand la bouche est douloureuse ?

L’alimentation compte autant que l’hygiène, car certains aliments irritent une muqueuse déjà fragilisée. Les conseils des fiches de soins de support vont dans le même sens : une alimentation froide ou à température ambiante, des liquides et des aliments mixés en cas de douleurs, et des boissons prises à la paille pour limiter les contacts avec les lésions.

À l’inverse, la même fiche invite à éviter plusieurs catégories d’aliments :

  • les aliments chauds, secs et croquants, comme les noisettes, les chips ou les légumes crus ;
  • les aliments acides : agrumes, tomates, raisin, pomme, fraise, vinaigre, moutarde ;
  • les épices, le poivre et le piment ;
  • les aliments frits ou salés, comme les biscuits apéritifs et les cacahuètes ;
  • les aliments irritants : gruyère, noix, ananas.

Pour l’ensemble des aides disponibles autour de l’alimentation, le tableau d’ensemble des soins de support se trouve dans un autre article de la rubrique, à venir dans ce site. Un proche peut, en attendant, aider à préparer des repas mixés et froids et à garder une bouteille d’eau à portée de main.

Quand prévenir l’équipe soignante ?

Dès l’apparition d’un symptôme. Il est conseillé d’observer régulièrement ses dents, ses gencives et sa langue tout au long du parcours de soin, afin d’alerter le médecin sans attendre. Une rougeur persistante, une douleur au repas ou un aphte ne sont pas à garder pour soi en pensant qu’ils passeront.

Le signal devient plus pressant quand l’alimentation se réduit à des liquides, ou quand avaler devient impossible : ces situations correspondent aux grades 3 et 4. Au grade 4, une alimentation par sonde est nécessaire.

Selon les symptômes, le médecin peut prescrire un bain de bouche contre les ulcères, un gel anesthésiant ou encore un corticoïde local. Aucun de ces traitements ne se prend de sa propre initiative : la décision revient à l’oncologue, au médecin traitant ou à l’infirmière de coordination.

Questions fréquentes sur la mucite

Mucite et stomatite, est-ce la même chose ?

Le mot « mucite » désigne l’inflammation d’une muqueuse, le mot « stomatite » l’inflammation de la muqueuse de la bouche. Dans le contexte d’une chimiothérapie, les deux termes sont employés pour décrire la même gêne, avec des rougeurs et des aphtes douloureux.

Les aphtes pendant une chimiothérapie sont-ils normaux ?

Les aphtes font partie des signes de la mucite, effet indésirable possible de la chimiothérapie. Même s’ils sont connus, ils doivent être signalés à l’équipe, qui peut prescrire un traitement adapté.

Peut-on aller chez le dentiste pendant le traitement ?

Les soins dentaires pendant une chimiothérapie peuvent favoriser les infections. Il est conseillé de les réaliser avant le début du traitement, grâce à un bilan chez le dentiste.

Faut-il utiliser une brosse à dents électrique ?

Non : la brosse électrique ou à poils durs est à éviter pour ne pas traumatiser la muqueuse. Une brosse souple est recommandée, et des bâtonnets peuvent la remplacer si le brossage est impossible.

Pourquoi protéger ses lèvres ?

Les lèvres sèches aggravent l’inconfort de la bouche. Elles se protègent avec un stick adapté, sauf en cas d’oxygénothérapie, où l’application de corps gras est interdite.

Peut-on soulager la mucite avec des aliments froids ?

Oui : une alimentation froide ou à température ambiante est conseillée, et sucer des glaçons, de la glace pilée ou des sorbets est cité pour prévenir l’apparition des mucites. Cela ne remplace pas un avis médical si la douleur s’installe.

Sources

  • Institut national du cancer, « Mucite », https://www.cancer.fr/glossaire/mucite, consultée le 24 octobre 2026.
  • Institut national du cancer, « Mucite buccale », https://www.cancer.fr/glossaire/mucite-buccale, consultée le 24 octobre 2026.
  • CHU de Bordeaux, « MUCITES », fiche de soins de support, https://www.chu-bordeaux.fr/Professionnels-recherche/Pharma-Ville-Hop/FICHES-SOINS-DE-SUPPORT/MUCITES/, consultée le 24 octobre 2026.
  • Rose Up, « Tout savoir sur les mucites : causes, traitements, conseils », https://www.rose-up.fr/magazine/lutter-contre-mucites/, consultée le 24 octobre 2026.
  • Vidal, « Les effets indésirables des chimiothérapies sur la peau et la bouche », https://www.vidal.fr/medicaments/utilisation/prendre-traitement/effets-indesirables-chimiotherapie-cancer/peau-bouche.html, consultée le 24 octobre 2026.

Cet article informe et ne remplace pas l’avis de votre équipe soignante : parlez-en à votre oncologue ou à votre médecin traitant. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.