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Le trastuzumab sans bénéfice dans le cancer du sein exprimant faiblement HER2

SAN ANTONIO (TEXAS), 6 décembre 2017 (APMnews) - Associer du trastuzumab (Herceptin*, Roche) à une chimiothérapie adjuvante standard n'apporte pas de bénéfice aux patientes atteintes d'un cancer du sein précoce qui expriment faiblement HER2, selon les résultats d'un essai randomisé présentés mercredi lors de l'édition 2017 du San Antonio Breast Cancer Symposium.
La détermination du statut de l’oncogène HER2 permet de sélectionner les patientes éligibles aux thérapies ciblant HER2 comme Herceptin* et Perjeta* (pertuzumab, Roche). Le niveau d’amplification d’HER2 est un facteur prédictif de réponse aux thérapies ciblées anti-HER2 et ces traitements ont un impact sur la survie.
Actuellement, les recommandations classent un cancer du sein HER2+ si le score d'immunohistochimie (IHC) est égal à 3+ ou si l'hybridation in situ (ISH) montre un nombre de copies du gène HER2 relativement important.
Environ 15% des cancers du sein sont HER2+, mais 45% des patientes présentent de faibles niveaux de HER2 et actuellement elles ne sont pas traitées par trastuzumab. Or, des études ont suggéré que les patientes atteintes d'un cancer du sein exprimant plus faiblement HER2 pourraient tirer un bénéfice d'un traitement par trastuzumab, explique Louis Fehrenbacher de la Kaiser Permanente Medical Center à Vallejo (Californie), dans un communiqué diffusé par le congrès.
Pour le confirmer, ils ont conduit un essai randomisé auprès de 3.270 patientes atteintes d'un cancer de stade précoce avec un niveau d’amplification d’HER2 IHC 1+, IHC 2+ et/ou ISH-. L'essai a été financé par Genentech (groupe Roche) et le National Cancer Institut.
Les patientes étaient randomisées entre une chimiothérapie de docétaxel, 6 cycles de cyclophosphamide espacés de 3 semaines ; ou 4 cycles doxorubicine et cyclophosphamide suivi par 12 cycles de paclitaxel hebdomadaire avec ou sans 12 mois d'Herceptin*.
Les patientes étaient stratifiées en fonction du score IHC, du nombre de ganglions positifs, du statut vis-à-vis des récepteurs hormonaux et du type de chimiothérapie administrée.
Après un suivi médian de 46,1 mois, 264 patientes ont présenté une récidive de leur cancer du sein, un nouveau diagnostic de cancer du sein, une métastase ou sont décédées.
A partir de l'analyse de ces événements, les auteurs ont observé que l'addition d'Herceptin* n'améliorait pas la survie sans maladie invasive à 5 ans qui s'élevait à environ 89% dans les deux groupes (89,6% avec Herceptin*, contre 89,2% sans).
Ces résultats n'étaient pas influencés par le score IHC, le statut vis-à-vis du récepteur hormonal, ou encore le nombre de ganglions envahis.
A 5 ans, 92% des femmes n'avaient pas récidivé dans le groupe de patientes ayant reçu Herceptin*, contre 92,2% parmi les femmes traitées par chimiothérapie seule. Cette différence n'était pas statistiquement significative.
De même, le taux de femmes qui n'avaient pas eu de récidives de métastases dans les 5 ans n'était pas significativement différent dans les 2 groupes (92,7% avec Herceptin*, contre 93,5% sans) et le taux de survie globale était équivalent (94,8% contre 96,2% pour la chimiothérapie seule).
Les effets secondaires de grade 4 ou 5 sont survenus chez 4,3% sous chimiothérapie, contre 5% chez celles qui avaient été exposées 1 an à Herceptin*.
Les auteurs en concluent qu'Herceptin* n'apporte pas de bénéfice chez ces patientes.
Ils estiment qu'il était important de vérifier la validité des recommandations actuelles définissant le statut HER2+ et de s'assurer qu'elles permettent de ne pas sous- ou sur-traiter des patientes.
vib/ab/APMnews

 
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