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Des leucémies aiguës myéloblastiques pourraient être détectées des années plus tôt

LONDRES, 9 juillet 2018 (APMnews) - Des leucémies aiguës myéloblastiques (LAM) pourraient être détectées des années avant de devenir symptomatiques grâce à la détection de mutations signant un état préleucémique, dans les cellules du sang périphérique, montrent deux équipes qui publient leurs résultats respectivement dans Nature et Nature Medicine lundi.
Ces résultats suggèrent qu'il serait possible de détecter précocement des personnes à haut risque de développer une LAM et de surveiller ensuite l'apparition de la leucémie afin de la traiter rapidement, voire de les traiter de façon préventive, estiment les auteurs de ces travaux.
On sait que la LAM est liée à une accumulation de mutations génétiques, dont un certain nombre sont déjà connues, mais on ne savait pas combien de temps avant le diagnostic de la leucémie ces mutations se développaient. C'est ce qu'ont recherché respectivement Sagi Abelson du Princess Margaret Cancer Center à Toronto et ses collègues de différents pays, et Pinkal Desai du Weill Cornell Medical College à New York et ses collègues américains.
Ils ont travaillé dans les deux cas sur des échantillons de sang périphérique obtenus de nombreuses années avant le diagnostic de LAM (6,3 ans avant en médiane dans une des études et 9,6 ans avant dans l'autre). Et dans la mesure où, au cours du vieillissement, tous les individus accumulent des mutations dans les cellules de sang périphérique, pour distinguer les mutations préleucémiques de celles liées à l'âge, chaque étude a aussi inclus l'analyse de personnes contrôles n'ayant pas développé de LAM.
Les chercheurs ont détecté des mutations qui étaient présentes principalement dans les cellules de sang périphérique des personnes ayant développé ultérieurement une LAM. Il s'agissait notamment de mutations dans les gènes TP53, IDH1 et IDH2, U2AF1.
Dans une étude, 100% des personnes qui présentaient des mutations dans TP53 ou dans les gènes IDH1 ou 2 ont développé une LAM. Dans l'autre étude, ce n'était pas 100% mais une mutation dans TP53 multipliait par 12,4 le risque de LAM. Une mutation dans U2AF1 multipliait le risque par 8.
Les deux équipes n'ont pas trouvé de mutations dans les gènes NPM1 et FLT3 dans les échantillons prélevés longtemps avant. Ces mutations sont pourtant fréquentes dans les cellules de LAM. Cela conduit les chercheurs à faire l'hypothèse que les altérations de ces gènes sont des événements tardifs dans le processus conduisant à une LAM.
Dans l'une des publications, les auteurs notent que si l'on envisage des traitements rapides, voire préventifs, on dispose de molécules: il existe d'ores et déjà des inhibiteurs d'IDH2, et des inhibiteurs d'IDH1 et de TP53 sont en cours de développement.
(Nature & Nature Medicine, publications en ligne du 9 juillet)
fb/nc/APMnews

 
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