Soins de support en cancérologie : à quoi vous avez droit pendant et après le traitement

On associe volontiers la prise en charge d’un cancer aux seuls traitements qui visent la tumeur. La maladie touche pourtant aussi l’alimentation, le moral, le quotidien, le travail, parfois l’intimité. Les soins de support répondent à ces aspects, mais beaucoup de personnes malades et de proches ne savent ni qu’ils y ont accès, ni à quel moment les demander. Une douleur, une perte d’appétit ou un découragement peuvent alors rester sans réponse, faute d’avoir été mentionnés.
En bref.
- Les soins de support accompagnent la personne malade pendant et après la maladie, en plus des traitements spécifiques du cancer : ils font partie du parcours de soins et ne sont ni secondaires ni optionnels.
- Le panier de référence de l’Institut national du cancer comprend 9 soins depuis 2016, auxquels s’ajoutent 2 techniques particulières d’analgésie.
- Ils sont assurés par l’équipe soignante, le médecin généraliste ou des professionnels spécialisés, à l’hôpital, en ville ou dans des structures dédiées, et peuvent concerner aussi les proches.
- Les besoins sont réévalués tout au long du parcours et après les traitements : la demande peut se faire à tout moment auprès de l’équipe qui vous suit.
Que sont les soins de support en cancérologie ?
Les soins de support désignent l’ensemble des soins et soutiens apportés aux patients, pendant et après la maladie, conjointement aux traitements spécifiques du cancer. Selon l’Institut national du cancer, il s’agit de tous les soins qui permettent de gérer les conséquences de la maladie et des traitements. Ils accompagnent les effets de la maladie sur le quotidien : douleur, fatigue, troubles alimentaires ou sexuels, impact psychologique.
Leur place est fixée dans le parcours : ils sont intégrés au programme personnalisé de soins et font partie intégrante du parcours, sans être secondaires ni optionnels. Ils ne remplacent jamais les traitements contre le cancer : ils les complètent, pour prévenir ou soulager les conséquences physiques, psychologiques et sociales, et aider chacun à vivre au mieux avec la maladie.
Ils concernent tous les patients atteints de cancer, que la maladie soit localisée ou métastatique, qu’ils reçoivent un traitement à visée curative ou qu’ils vivent avec une maladie chronique. Selon vos besoins et vos souhaits, vous pouvez être orienté vers un professionnel, vers des groupes de parole ou vers des associations de patients.
Quels soins comprend le panier défini par l’Institut national du cancer ?
L’Institut national du cancer définit un « panier » de référence qui se compose de 9 soins oncologiques de support. Depuis 2016, ce panier référentiel comprend ces 9 soins, plus 2 techniques particulières d’analgésie. Les soins évoqués par les pages de l’Institut et des établissements de lutte contre le cancer se retrouvent dans le tableau ci-dessous.
| Soin | À quoi il sert | Qui le propose |
|---|---|---|
| Évaluation et traitement de la douleur | Prendre en charge la douleur, qu’elle soit due au cancer ou à ses traitements | Spécialiste de la douleur, équipe soignante |
| Soutien psychologique | Consulter un psychologue, pour le patient comme pour ses proches ; groupes de parole | Psychologue de l’établissement de suivi, associations |
| Consultation diététique | Répondre aux troubles de l’alimentation, prévenir la dénutrition | Diététicien |
| Aide sociale | Obtenir de l’aide pour les démarches administratives et financières | Assistant social |
| Activité physique adaptée | Pratiquer une activité pendant ou après les traitements | Établissements de soins, associations |
| Soutien à l’image de soi | Améliorer l’image de soi, accompagnement socio-esthétique | Socio-esthéticienne |
| Préservation de la fertilité | Envisager la conservation de sa fertilité avant les traitements | CECOS (Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains) |
| Prise en charge des troubles de la sexualité | Aborder les difficultés d’ordre sexuel | Équipe médicale, qui oriente vers une solution adaptée |
Les professionnels cités incluent aussi le psychiatre, l’orthophoniste et le kinésithérapeute. Certains centres y ajoutent le yoga, la méditation, des ateliers artistiques et un accompagnement au sevrage tabagique ou alcoolique, ou d’autres substances susceptibles d’influencer les traitements et la récupération.
Qui propose ces soins et comment y accéder ?
Les soins de support sont assurés par l’ensemble de l’équipe soignante, par votre médecin généraliste ou, parfois, par des professionnels spécialisés. Ils interviennent sur le lieu de soins, en libéral ou au sein de structures dédiées. Le médecin traitant coordonne les acteurs de proximité.
Le plus simple est d’en parler à l’équipe qui vous suit. Elle peut vous adresser aux différents professionnels tout au long du parcours. Le psychologue de l’établissement de suivi peut aussi recevoir vos proches. Lorsque la situation le nécessite, les équipes de soins de support se concertent en réunions pluriprofessionnelles, en lien avec les médecins traitants et les soignants de ville, afin de coordonner les soins.
Les associations jouent un rôle complémentaire. Elles proposent écoute et soutien psychologique en entretien individuel ou en groupe de parole, des programmes d’exercices pour améliorer les capacités physiques et diminuer la fatigue et l’anxiété, et un appui pour faire valoir ses droits et limiter l’impact financier de la maladie. Dans un département au moins, ces soins sont gratuits et ouverts à toute personne touchée par un cancer dès l’entrée dans la maladie.
Les soins de support sont-ils pris en charge financièrement ?
La réponse dépend du soin et de la structure qui le dispense, et aucun montant ne peut être donné ici. Le guide « Cancers et Soins de support », publié à destination des patients et de leurs proches, traite expressément de la question du remboursement et de la façon d’en bénéficier.
Pour la partie financière, la rencontre avec un assistant social est prévue : il aide dans les démarches administratives et financières. Pour le cadre général de la prise en charge de la maladie, voir l’article sur l’ALD 30 et cancer. L’équipe soignante reste la mieux placée pour dire, dans votre situation, ce qui est pris en charge.
Que deviennent les soins de support après la fin des traitements ?
Ils ne s’arrêtent pas avec le dernier traitement : ils sont proposés pendant et après les traitements. Les besoins sont réévalués régulièrement, y compris en phase de rétablissement. L’activité physique, par exemple, est bénéfique pour la santé, le moral et la qualité de vie pendant et après les traitements.
Le retour au travail fait partie des besoins pris en compte : certains établissements aident au retour ou au maintien du travail, et les associations rappellent qu’anticiper et préparer ce retour permet une reprise dans de bonnes conditions et favorise le maintien dans l’emploi.
Les effets des traitements peuvent aussi durer. La baisse de désir, fréquente après le diagnostic à cause du stress, de l’inquiétude et de la fatigue, revient petit à petit avec le temps ; l’Institut national du cancer invite à en parler à l’équipe médicale, qui orientera vers une solution adaptée. Pour les effets d’un traitement précis, voir l’article sur les effets secondaires de la chimiothérapie.
Soins de support et pratiques non validées : comment faire la différence ?
Les soins de support ne remplacent pas les traitements, et ils sont proposés par des professionnels de santé ou par des associations qui encadrent leurs activités. Certaines associations alertent sur le fait que l’oncologie est un terrain de choix pour les pseudo-praticiens et les organisations sectaires, qui investissent davantage ce domaine. Elles réaffirment leur opposition à l’instrumentalisation des croyances des personnes.
Un soin de support se reconnaît donc à sa place dans le parcours : il est décrit dans le programme personnalisé de soins et coordonné par l’équipe qui vous suit. En cas de doute sur une proposition extérieure, l’équipe soignante ou le médecin traitant est l’interlocuteur à consulter avant toute décision.
Questions fréquentes sur les soins de support
Mes proches peuvent-ils eux aussi voir un psychologue ?
Oui. Une consultation avec le psychologue de l’établissement où vous êtes suivi est possible, y compris pour vos proches. Certains centres proposent aussi un accompagnement des aidants et des familles, avec consultations individuelles, groupes de parole et ateliers.
Peut-on parler de sexualité à l’équipe soignante ?
Oui, la gestion des troubles de la sexualité fait partie des soins de support. Après le diagnostic, le stress, l’inquiétude et la fatigue entraînent souvent une baisse de désir, qui revient petit à petit avec le temps. L’équipe médicale oriente vers une solution adaptée à chaque situation.
Peut-on préserver sa fertilité avant un traitement ?
Cette possibilité figure parmi les soins de support évoqués plus haut : elle se fait au sein d’un CECOS, avant les traitements. Il faut donc en parler à l’équipe avant leur début.
L’arrêt du tabac ou de l’alcool relève-t-il des soins de support ?
Certains établissements proposent un accompagnement au sevrage tabagique, alcoolique ou d’autres substances, car elles peuvent avoir un impact sur les traitements et la récupération. L’équipe de soins de support peut vous dire si ce dispositif existe là où vous êtes suivi.
Les soins palliatifs font-ils partie des soins de support ?
Oui, ils figurent parmi eux. Ils ne concernent pas seulement les derniers jours de la vie : on peut y recourir dès le début de la maladie pour mieux la vivre et anticiper les difficultés. Ils peuvent se mettre en place à domicile, en institution ou à l’hôpital.
Que faire si personne ne m’en a parlé ?
Demandez-les. Dans certains territoires, les soins de support restent mal connus ou insuffisamment proposés. L’équipe qui vous suit ou votre médecin traitant peut vous orienter vers le bon professionnel, vers un groupe de parole ou vers une association de patients.
Sources
- Institut national du cancer, « Soins de support et qualité de vie », https://www.cancer.fr/personnes-malades/les-cancers/melanome-de-la-peau/qualite-de-vie/soins-de-support-et-qualite-de-vie, consultée le 24 octobre 2026.
- Institut national du cancer, « Soins de support - Cancers pédiatriques », https://pediatrie.cancer.fr/professionnels-de-sante/traitements-et-soins/parcours-de-soins/soins-de-support.
- Réseau régional de cancérologie Occitanie, « Par soins oncologiques de support », https://onco-occitanie.fr/nos-thematiques/par-soin-oncologique-de-support/.
- Réseau régional de cancérologie Occitanie, « Guide patient - Soins de support », https://onco-occitanie.fr/soins-oncologiques-de-support/guide-patient-soins-de-support/.
- Gustave Roussy, « Accompagnement et soins de support », https://www.gustaveroussy.fr/patients-proches/soins/accompagnement-soins-support.
- Institut Curie, « Les soins de support », https://curie.fr/les-soins-de-support.
- Institut Curie, « Département interdisciplinaire des soins de support pour le patient en oncologie », https://curie.fr/departement-interdisciplinaire-des-soins-de-support-pour-le-patient-en-oncologie.
- Ligue contre le cancer, « L'offre de soins de support », https://www.ligue-cancer.net/nos-missions/offre-de-soins-de-support.
- Ligue contre le cancer, « Nos soins oncologiques de support », https://www.ligue-cancer.net/19-correze/activites-et-soins-de-support.
Cet article informe et ne remplace pas l’avis de votre équipe soignante : parlez-en à votre oncologue ou à votre médecin traitant. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.
